J'y pense et puis j’écris

Tous les textes de ce site sont écrits par ses auteurs (voir à droite) et classés par rubriques (voir à droite mais plus bas et voir http://www.lesnouveauxdesproges.net/2009/09/lnd-note-rubriques-en-vrac-auteur.html pour les explications).


Si, comme eux, vous entendez parfois une petite voix qui vous dit "J'y pense et puis j’écris.", rejoignez les mes frères, en suivant les instructions suivantes -> http://lesnouveauxdesproges.blogspot.com/2007/12/application-pour-devenir-un-nouveau.html

Copier-coller, plagiats et extraits d'autres textes (y compris de Pierre Desproges) sont proscrits.

Si vous voulez contribuer sans devenir auteur, vouz pouvez soumettre des commentaires ou des réactions sur les articles, partager vos aphorismes d'origine contrôlée (commentez http://www.lesnouveauxdesproges.net/2009/09/lnd-aoc-aphorismes-dorigine-controlee.html) ou douteuse (commentez http://www.lesnouveauxdesproges.net/2008/01/aphorismes-et-prils.html), ou simplement envoyer l'adresse du site dans la nature, de préférence du coté des éditeurs...

LND

PS: Les contrepèteries potentielles sont parfois suggérées par des (*)


lundi 28 décembre 2009

[LND] [Criticon] Si vous voulez mon Na’vi (critique du film Avatar) (auteur : Nicolas Delaye)

AVERTISSEMENT – A ne pas lire avant de ne pas avoir vu le film.
Cette critique contient des « gâcheurs » (un beau néologisme pour occuper nos académiciens entre deux lavements). Par exemple, elle nous révèle que le héros meurt à la fin… enfin presque. On vous aura prévenus.


Apres une attente interminable d’environ 20 minutes (le temps d’acheter les tickets sur Internet), j’ai enfin vu le film le plus attendu de la décennie… que dis-je, du cap, de la péninsule : Avatar, de James Cameron, en 3D, si vous le voulez.

Lecteur de critiques de films depuis environ 18 ans, je peste régulièrement d’avoir à parcourir des pages entières avant de savoir ce que le critique pense (ou du moins écrit…) vraiment. En réaction, voici donc le résumé de la critique :
  • Dans l’ensemble, bien mais pas top
  • Effets spéciaux tops mais pas parfaits
  • Scénario américano-manichéen super bof, i.e. déjà vu et prévisible.

Et maintenant, la critique…

Résumé de l’histoire
NDLR : le nom des personnages est tiré de la version berrichonne.

Robert (gentil) a perdu ses jambes et surtout sa tête puisqu’il a décidé de donner ses abats à la science sur l’hostile planète Pandora au lieu de montrer son colt à tous les passants dans le troquet du coin, comme tout ancien marine qui ne se respecte plus. Avec l’aide de Simone (gentille), qui vient de finir sa thèse sur les habitants de Pandora, les Na’vi, créatures mi-schtroumpf, mi-Tony Parker, il fait peau neuve grâce à 12 heures d’UV par jour. Avec un ingénieux système inventé par Nintendo, Robert peut naviguer un avatar, c’est-à-dire un être mi-autochtone mi-beauf, sans bouger les oreilles.

Pour de basses raisons mercantiles (le sol de Pandora regorge de truffes géantes, dont on se demande ce qu’elles foutent à plus de 12 années lumière du Périgord, qui s’échangent au kilo à trois fois le PIB de la Zambie), Charles Henri Gekko (méchant), le PDG de Mauvaise Mine Inc. et l’adjudant Carrier (méchant), champion du monde de cicatrices invraisemblables, convainquent Robert d’infiltrer les Na’vi afin de leur demander gentiment de quitter leur terre ancestrale pour aller s’entasser dans les HLM tout neufs de la cité des Bordées.

If lui faudra pour cela apprendre le patois local, proche du verlan Gallois, apprivoiser des mouettes géantes en haut de la tour Eiffel et séduire Josianne (gentille), la fille du chef, à grand coups de clé USB dans la prise réseau. A bout de force, il s’inscrit au BAC local et obtient son Na’vi de passage. Conquis, les Na’vi l’accueillent dans leur groupe en chantant Auprès de mon arbre a cappella et en effectuant une séance de yoga synchronisé fortement recommandée pour l’arthrose du cou. Ils lui confient également les coordonnées GPS du meilleur arbre à truffes de la région, qu’il s’empresse de transmettre aux méchants.

Armés de Wii Baston dernier modèle et encouragés par l’absence de progrès à la conférence de Copenhague, les méchants déforestent à cœur joie. Se sentant trahis, les Na’vi sont verts mais s’avouent technologiquement impuissants (ils n’ont même pas de WiFi, c’est tout dire).

Rongé par le remord et les moustiques géants de Pandora, Robert range son cœur du coté des vaincus (*) et parvient, à la surprise générale des spectateurs de moins de 3 ans, à faire triompher les Na’vi, ce qui lui permettra enfin de jouer à la bébête à deux dos avec Josianne dans la case Bigorneau.

Forcé de choisir entre une vie d’infirme dormant dans les rues de la banlieue de Détroit ou une retraite dorée de prince consort assez souvent dans les soirées mondaines du tout Pandora, Robert se sépare de son corps d’humain et du même coup de son cancer de la peau naissant.

The end.

Les effets spéciaux
Certes, c’est beau. Les décors, sponsorisés par l’office de tourisme de Pandora, feront de superbes écrans de veille. La représentation de la technologie en 2150 est intéressante (Windows 19 – j’achète tout de suite !). Les Na’vi font presque aussi humains que des starlettes américaines maquillées au Karcher et jouent plutôt mieux que les acteurs pas numériques. En revanche la faune, dans l’ensemble, fait encore très carton pâte. Surenchère, mais pas en os…

La nouvelle technologie 3D mise au point par le réalisateur fonctionne bien : les migraines ne sont pas plus importantes que celles causées par le vacarme et les vertiges de la version 2D. On frémit à l’idée d’une version 3D de l'adaptation de La grande traversée par Rocco Siffredi.

Le scénario
Le grand oubli du film… Après le fameux : « Hasta la vista, baby !», James Cameron persévère dans les langues latines avec le tout aussi efficace « Vamos à la plagiat ». La plupart des thèmes sont aussi éculés que les supporters du PSG à Marseille (ou l’inverse) et les ressorts dramatiques, hormis celui de mon siège façon Olympia post-Johnny pré-Francis Lalanne, tombent à plat (ce qui est un comble pour un ressort).

Des preuves ? L’assimilation artificielle de Robert chez les Na’vi a été vue maintes fois, par exemple dans Tarzan (l’histoire est quasiment identique), Danse avec les loups ou Pocahontas (des références !). Le pilotage des avatars rappelle sévèrement Matrix. Les rencontres avec la faune ressemblent fortement à celles de King Kong ou de Star Wars (exemple : le monstre effrayé par le monstre plus grand est un pompage intégral de l’épisode I).

Le thème central du panthéisme (à l’intention des bacheliers qui essaient de nous lire par milliers, le panthéisme n’est pas le culte du Panthéon, mais la croyance d’une présence divine partout partout, y compris sous les jupes des filles), très présent dans le film, a lui aussi été archi rabâché, entre autres dans certains des films cités ci-dessus (les expériences mystiques de Kevin Costner dans Danse avec les loups, la Force dans Star Wars, etc.). Ayant pourtant un certain penchant pour l’écologie (je mets régulièrement du Schnaps de betteraves dans le réservoir de mon jet privé), je suis resté de glace devant l’écologie de cuisine qui suinte du film.

Trois autres exemples de fautes élémentaires d’écriture. Primo, les racines de la colère apparemment gratuite de l’adjudant Carrier ne sont pas très claires. On se doute qu’il a été bercé trop près du mur, mais on aimerait bien que son personnage dépasse le stade anal autant que celui de la caricature. Deuxio, le fait que les Na’vi pardonnent Robert si rapidement alors qu’il les a quand même bien arnaqués, uniquement parce qu’il a passé le niveau 3 à Domptons les Dragons, est risible. Enfin, il eut été intéressant d’expliquer d’emblée si la mort ou la blessure d’un avatar aurait des répercussions sur la vie ou la santé du pilote humain, histoire de nous faire un peu frissonner.

Certes, le scenario est de James Cameron, pas de Quentin Tarantino, mais Terminator 2 était bien mieux écrit qu’Avatar.

Les acteurs ? A peine sortie de sa brume, Sigourney Weaver nous refait le coup des gorilles. Quant à la « révélation », l’Australien Sam Worthington, son imitation de la performance de Matthieu Amalric dans Le scaphandre et le papillon est impeccable.

Anecdote authentique : une association d’homosexuels, ai-je besoin de le préciser, américaine, s’est plainte que le monde représenté dans Avatar ne comprend pas d’homosexuels. Il est vrai que les minorités sont sous-représentées dans le film. Par exemple, on ne dénombre aucun Na’vi communiste.

Et après ?
Ceux qui en redemandent devraient être satisfaits par la parution prochaine, si le temps le permet, d’une édition super méga top ultime Armageddon coupe du metteur en scène payante en DVD et blu-ray … et gratuite en DIVX (je l’ai pas dit fort !) … dont nous vous livrons en exclusivité le contenu :

  • La version complète de 12 heures du film dans laquelle la psychologie de l’adjudant Carrier y est plus développée (on y apprend notamment que les raisins … pardon… les raisons de sa colère sont dues au fait qu’il a mis sa culotte en croco à l’envers) et la scène qui a scandalisé la Croisette, durant laquelle Josianne enduit d’huile de truffe la tresse de l’avatar de Robert, y est présentée dans les grandes longueurs
  • Une fin alternative dans laquelle les Na’vi font fortune en cotant les terres truffières en bourse
  • Des scènes coupées comme celle où Robert pénètre dans la c
  • En bonus caché, des courts métrages amateur réalisés par différentes communautés en hommage au film, notamment celui des tailleurs du Sentier (Na’vi de ma mère), des fonctionnaires (Na’vi de grève), des marins d'eau douce (Il était un petit Na'vi), des pêcheurs Bretons (Na’vi de grand frais), des lycéennes américaines pré-pubères (Na’vi en rose) et des SDF (Na’vi au grand air).
  • Le manga qui a inspiré James Cameron, Albatar, dans lequel un androïde mi figue mi raisin qui n’a plus la pêche décide de couper la poire en deux plutôt que de sucrer les fraises
  • La recette des Na’vi au lit à la pandoraise.

Conclusion
James mon petit, je crois savoir que tes ambitions pour ce film flottent encore plus haut que tes montagnes balnéaires. Certes, tu n’es pas passé loin du chef d’œuvre, mais tu n’es pas passé près non plus ! Mais puisque tu t’es quand même bien démené sur ton projet pendant 18 heures par jour ces 10 dernières années et que je ne me suis pas ennuyé pendant le visionnage, je te donne 14/20.

Tu viens d’annoncer que tu planches déjà sur Avatar 2 et 3, qui devraient permettre à tes mécènes de rentabiliser les investissements colossaux du premier film. Tu as donc une occasion unique de te rattraper en passant un peu plus de temps sur ton clavier et moins sur ta souris (ce qui ne veut pas dire plus de Splendid et moins de Mickey).

Et si tu veux laisser une trace indélébile dans l’histoire futile des films boum boum, essaie au moins de nous surprendre avec de la science-fiction qui ne fasse pas que retranscrire le mode de vie humain dans une galaxie lointaine, très lointaine (le commerce, l’armée, les gouvernements, la monogamie etc.), mais qui le transcende complètement, avec des modes de société complètement inédits… Si tu réussis, je te promets d’aller voir et revoir ton film, et même d’écrire un mot gentil pour tes parents.

A la revoyure.

dimanche 13 décembre 2009

[LND] [En bref] En vert et contre tous (auteur : Nicolas Delaye)

A l’intention des ermites agoraphobes et sourds qui nous lisent par milliers, sachez que, depuis le 7 Décembre 2009, ça chauffe à Copenhague (COP, pour les intimes) où d’habitude on se les gèle à cette époque de l’année, sauf chez la grosse Helga, mais ceci est une autre histoire.

Il s’agirait de la conférence la plus importante de ce siècle encore jeune, à en juger par le nombre colossal de tickets vendus qui, selon la police, avoisinerait celui de la récente tournée de Britney Spears, c’est tout dire. La signification considérable de cet événement unique… depuis la conférence de Bali il y a deux ans… se reflète dans son immense couverture médiatique, qui en oublierait presque l’autre sujet de fond qui tracasse l’humanité ces derniers temps, à savoir les déboires de Tiger Woods, dont le stakhanovisme devrait être loué. Pensez-donc que ce géant de la balle n’hésite pas à sortir son club la nuit pour se taper 9 trous !

Peu après la projection du dernier Jean-Claude Van Damme, Methanor, filmé pour l’occasion, les délégués sont allés directement au charbon afin de sauver Willy et surtout faire leurs courses de Noel avant le peuple. Ayons une pensée émue pour ces travailleurs de l’ombre, qui refoulent de la houille de bon cœur (*), dont la seule récompense consiste à fumer un paquet de Gitanes après avoir âprement négocié la réduction de 3 grammes de CO2 d’ici 2050. Et pendant ce temps, ça gaze dans le reste du monde.

Pour les ignorants d’entre vous qui peinent à comprendre comment faire fortune avec un pet de vache sur les marches financiers (réponse : c’est odieux), la rédaction des nouveaux Desproges s’est mise au vert pour expliquer enfin avec des mots que même les animateurs de radio FM y peuvent comprendre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le texte (de la conférence) sans jamais oser le demander.

A ma droite, les riches, c'est-à-dire vous, moi et Barack qui, avec le prix Nobel, a eu un bonus de labo (*).Parmi eux, les Ricains, qui sont amers. Le fond de leur pensée peut se résumer à cette tirade des Bronzés 3 : « Pourquoi y a que nous qui paye ? ». Ils ont raison.

A ma gauche, les presque riches, c'est-à-dire les BRIC, que les riches ne cassent pas, sauf l’Amérique. La Chine, c’est sûr, l’appâte (*). Ils veulent bien payer… un peu… mais ne veulent pas dire combien ni quand, sous prétexte qu’ils ne sont pas encore assez riches et que les riches d’aujourd’hui s’en sont mis plein les fouilles pendant 200 ans. Ils ont raison.

Au milieu, les pauvres, c’est-à-dire, euh.., en fait on s’en fout. Comme d’habitude, bien que sans le sou, ils vont prendre cher. Ils n’ont même pas la décence de remercier les autres de leur inaction qui résoudra pourtant à moindre frais leurs menus problèmes de surpopulation. Ils ont raison.

En dessous, représentés par Bouddu, sauvé des eaux, les iles du niveau de la mer (ce qui, à notre humble avis, constitue la majorité des iles) et le Bengladesh qui, prévoyant, se nomme maintenant les Bains Gladesh et s’est reconverti dans le tourisme thermal. Contrairement aux pauvres, qui voudraient bien un peu d’eau dans leur manioc, ils en ont jusque là, voir Figure 1. Ils ont raison.

Nulle part, les sans opinion comme la Suisse et la Corée. Ce cas de Corée nous turlupine (*). Quant aux Suisses, en avance de dix minutes précises sur le monde qui se demande encore s’il faut interdire l’ouverture des mines, ils ont déjà interdit l’ouverture des minarets. Ils ont raison.

Partout, les autres, tels que Vincent, Francois, Paul et l’Australie, qui ont des idées mais aussi du pétrole. Ils veulent des objectifs importants et sont prêts à donner l’exemple, si les autres s’y mettent d’abord ! Ils ont raison.

Dans la fosse, les septiques. Ils croient à la théorie du complot. L’assassinat de Kennedy, les pas de l’homme sur la lune, les camps de concentration et même la main d’Henry contre l’Irlande sont des conspirations. Le consensus sans équivoque d’une majorité écrasante de scientifique de la plupart des pays du globe sur le réchauffement climatique lié aux activités de l’homme ? Encore un complot écolo pour empêcher les patrons de faire caca dans nos rivières. Ils ont raison.

Et, en haut, les gaz à effet de serre, dont les effluves font tourner la tête du créateur, qui n’avait pourtant pas besoin de ça pour se fendre la pipe (ndlrdnd : que les féministes de tout bois nous excusent, mais nous avons fait ici l’hypothèse que le créateur serait un homme ce qui, au regard de la réussite éclatante du résultat, est plus que plausible…).

On en oublierait presque, au milieu de la cohue du plus grand festival de carbone au monde, que la solution à tous nos problèmes est devant nos yeux. La seule source d’énergie renouvelable à l’infini, disponible dès maintenant et accessible en quantité égale aux riches comme aux pauvres. La connerie humaine.