J'y pense et puis j’écris
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LND
PS: Les contrepèteries potentielles sont parfois suggérées par des (*)
mardi 29 septembre 2009
[LND] [Essai] Faites la moue, pas la guerre (auteur : Nicolas Delaye)
Mettons les choses au clair… Non, messieurs, gardez vos slips (ce n’est que parties remises) ! Je reprends. Je suis d’une humeur massacrante ce matin car les voisins du dessus ont fait rien qu’à jouer à « prends mi et prends moi sont dans un bateau (ivre) » hier soir tandis que ma femme et moi buvions de la verveine en écoutant Francois Fillon débattre de la taxe carbone. Pour me calmer, il me faut absolument casser quelqu'un.
Mais qui ? Nicolas Sarkozy ? C’est petit. Les Africains ? Je ne tiens pas à ce que l’Afrique me fasse la tête (*). Les juifs ? Je ne veux pas me mettre à dos des gens qui comptent. Les musulmans ? Je n’ai pas assez de coran pour ça. Les catholiques ? C’est la croix et la bannière, et sans vouloir les vexer, j’ai l’impression que tout le monde s’en fout.
Non, ce qu’il me faut, c’est des victimes sans risque. Allez, tiens, je vais taper sur les femmes ! Toutes les femmes ! Sauf sur la mienne, bien sûr. J’en ai encore besoin pour repasser mes chemises pendant les 82 prochains trimestres.
Ah, casser de la meuf ! Je me sens mieux rien que d’y penser ! Ma femme elle, en jaunit à l’idée. Ça fait des millénaires que, nous, les hommes, tapons sur les femmes sans avoir besoin de nous justifier. Jusqu’ici, on s’en sort plutôt bien, à part le mari de Caster Semenyan, toujours aux urgences après avoir affectueusement tenté de lui arracher son short pour vérifier la validité de son contrat de mariage.
J’ai mes victimes. Il me reste à trouver un mobile. Je n’ai que l’embarras du choix. Tiens, par exemple, pourquoi, quand elles sont légèrement tourmentées par leurs hommes, les femmes se mettent-elle à bouder sans donner d’explication ? De quel droit exigent-elles de leurs moitiés des talents de voyant extralucide (ce qui est surement un pléonasme) pour deviner l’objet de leur courroux (coucou) ? Et d’où vient cette logique cornélienne qui pousse la femme contrariée par, par exemple, la vue de sa meilleure amie nue dans le lit conjugal, à pleurer sur son sort pendant OM-Bordeaux plutôt que d’essayer de trouver une solution logique en trois points, si possible pendant la mi-temps? Pourquoi se compliquer la vie inutilement alors qu’à l’inverse, nous, les hommes, en cas de contentieux, on se la simplifie ? On se fout la gueule ! Un problème, une bonne guerre, et on n’en parle plus !
Tenez, prenons ma femme… C’est une image. Ma femme, disais-je, italienne de souche, est généralement ravie au lit. Il faut dire que c’est une bonne pâte. Et bien figurez-vous que hier matin, alors que je regardais les informations gauloises à la télévision (nous résidons hors du royaume de France) depuis notre chambre, elle se mit à me faire la gueule, comme ça, sans préavis ni raison apparente. Comment voulez-vous que nous nous comprenions, elle qui se réveille avec la gueule et moi avec la Gaule ? Comme dit mon ami Hilima Seck, marabout sénégalais, il y a des jours où les lions sacrés du mariage nous les brisent !
Qu’auriez-vous fait à ma place ? En bonne logique masculine, j’interroge madame sur le motif de son ire. Autant uriner dans un Stradivarius ! Les Anglais, qui ne disent pas que des conneries, utilisent deux expressions assez imagées pour évoquer l’attitude des femmes atteintes de mutisme spontané : le silent treatment et la cold shoulder. Noel doit approcher car j’ai droit aux deux. Je lui demande ce qui ne va pas. Elle me répond : « Rien !». Rien, tu parles ! Rien ne va plus, ouais !
Du coup, j’hypothèse. Je lui demande si elle pense encore à cette récente soirée un peu arrosée où nous avons failli ramener sa meilleure amie à la maison pour une partie carrée à trois (géométriquement parlant, c’est stimulant). Entre parenthèses, c’est moi qui devrais être fâché. Dire que j’étais à deux doigts de faire l’amour à deux femmes en même temps… Je devine à un haussement de sourcil que je fais fausse route. Donc, forcément, je diverge. Je tente de savoir si elle est fâchée depuis le diner d’hier soir quand, à son voisin de table qui lui demandait sa profession, j’ai répondu, en plaisantant bien sûr, « mannequin chez Justin Bridou ». Encore raté ! Me reprocherait-elle de l’avoir un peu poussée au train samedi dernier pour copuler une seconde fois alors que la migraine elle aussi la prenait ? Donner c’est donner, reprendre c’est violer avait elle amèrement déclaré à l’issue du match retour. Il faut me comprendre, je suis comme ça, moi, j’ai mes envies, mes pulsions d’homme ! Ma femme, elle, appelle ça mes travers de porc. Rien à faire, je plaque encore à coté.
Excédé par cette cure de silence imposée et dévoré par la curiosité, je perds mes gonds et j´éructe. Je lui avoue, je me demande encore pourquoi, cette soirée entre hommes qui s’est finie sur un « big mac » (une tranche de thon saisie dessus dessous entre deux tranches de skaï et parsemée d’une grosse couche de fond de teint tiède). J’ai du toucher une corde sensible car elle consent enfin à jeter son regard sur moi, qui Dieu merci n’est pas de plomb. Oh joie ! Ma verve incontrôlée va à la chute contre la bonne pate! (*) C’est Verdun dans la chambre. Tout objet de la communauté maritale devient, entre ses mains devenues folles, un projectile mortel. Entre deux obus de biens sociaux, j’apprends que son mutisme était tout simplement destiné à réprimander mon absence blasphématoire de remarques sur le récent changement de sa coupe de cheveux. J’ai, semble-t-il, commis l’irréparable en n’observant pas que la raie de son crane avait changé de coté. Comment eut-il été possible que je m’en aperçusse ? Si je mettais un euro dans l’écureuil chaque fois que mon épouse se fait déplacer la raie, j aurais de quoi rembourser le découvert de Jérôme Kerviel qui, par ailleurs, marcherait en canard (l’écureuil).
Je vous passe les détails sordides de la journée qui s’ensuivit, entre métros ratés, patron et clients en colère et queues interminables entre la Porte Jarretelles et la Porte à Gauche. Une crise d’aquabonisme, pour citer Gainsbourg, m’envahit peu à peu après le troisième demi du midi. Dans ces moments là, j’envie les solitaires, qui savent se prendre en main quand tout devient dur.
Tiens, pour me remonter le moral, je vais me refaire un « big mac » en sortant du boulot. C’est de bonne guerre.
Mais qui ? Nicolas Sarkozy ? C’est petit. Les Africains ? Je ne tiens pas à ce que l’Afrique me fasse la tête (*). Les juifs ? Je ne veux pas me mettre à dos des gens qui comptent. Les musulmans ? Je n’ai pas assez de coran pour ça. Les catholiques ? C’est la croix et la bannière, et sans vouloir les vexer, j’ai l’impression que tout le monde s’en fout.
Non, ce qu’il me faut, c’est des victimes sans risque. Allez, tiens, je vais taper sur les femmes ! Toutes les femmes ! Sauf sur la mienne, bien sûr. J’en ai encore besoin pour repasser mes chemises pendant les 82 prochains trimestres.
Ah, casser de la meuf ! Je me sens mieux rien que d’y penser ! Ma femme elle, en jaunit à l’idée. Ça fait des millénaires que, nous, les hommes, tapons sur les femmes sans avoir besoin de nous justifier. Jusqu’ici, on s’en sort plutôt bien, à part le mari de Caster Semenyan, toujours aux urgences après avoir affectueusement tenté de lui arracher son short pour vérifier la validité de son contrat de mariage.
J’ai mes victimes. Il me reste à trouver un mobile. Je n’ai que l’embarras du choix. Tiens, par exemple, pourquoi, quand elles sont légèrement tourmentées par leurs hommes, les femmes se mettent-elle à bouder sans donner d’explication ? De quel droit exigent-elles de leurs moitiés des talents de voyant extralucide (ce qui est surement un pléonasme) pour deviner l’objet de leur courroux (coucou) ? Et d’où vient cette logique cornélienne qui pousse la femme contrariée par, par exemple, la vue de sa meilleure amie nue dans le lit conjugal, à pleurer sur son sort pendant OM-Bordeaux plutôt que d’essayer de trouver une solution logique en trois points, si possible pendant la mi-temps? Pourquoi se compliquer la vie inutilement alors qu’à l’inverse, nous, les hommes, en cas de contentieux, on se la simplifie ? On se fout la gueule ! Un problème, une bonne guerre, et on n’en parle plus !
Tenez, prenons ma femme… C’est une image. Ma femme, disais-je, italienne de souche, est généralement ravie au lit. Il faut dire que c’est une bonne pâte. Et bien figurez-vous que hier matin, alors que je regardais les informations gauloises à la télévision (nous résidons hors du royaume de France) depuis notre chambre, elle se mit à me faire la gueule, comme ça, sans préavis ni raison apparente. Comment voulez-vous que nous nous comprenions, elle qui se réveille avec la gueule et moi avec la Gaule ? Comme dit mon ami Hilima Seck, marabout sénégalais, il y a des jours où les lions sacrés du mariage nous les brisent !
Qu’auriez-vous fait à ma place ? En bonne logique masculine, j’interroge madame sur le motif de son ire. Autant uriner dans un Stradivarius ! Les Anglais, qui ne disent pas que des conneries, utilisent deux expressions assez imagées pour évoquer l’attitude des femmes atteintes de mutisme spontané : le silent treatment et la cold shoulder. Noel doit approcher car j’ai droit aux deux. Je lui demande ce qui ne va pas. Elle me répond : « Rien !». Rien, tu parles ! Rien ne va plus, ouais !
Du coup, j’hypothèse. Je lui demande si elle pense encore à cette récente soirée un peu arrosée où nous avons failli ramener sa meilleure amie à la maison pour une partie carrée à trois (géométriquement parlant, c’est stimulant). Entre parenthèses, c’est moi qui devrais être fâché. Dire que j’étais à deux doigts de faire l’amour à deux femmes en même temps… Je devine à un haussement de sourcil que je fais fausse route. Donc, forcément, je diverge. Je tente de savoir si elle est fâchée depuis le diner d’hier soir quand, à son voisin de table qui lui demandait sa profession, j’ai répondu, en plaisantant bien sûr, « mannequin chez Justin Bridou ». Encore raté ! Me reprocherait-elle de l’avoir un peu poussée au train samedi dernier pour copuler une seconde fois alors que la migraine elle aussi la prenait ? Donner c’est donner, reprendre c’est violer avait elle amèrement déclaré à l’issue du match retour. Il faut me comprendre, je suis comme ça, moi, j’ai mes envies, mes pulsions d’homme ! Ma femme, elle, appelle ça mes travers de porc. Rien à faire, je plaque encore à coté.
Excédé par cette cure de silence imposée et dévoré par la curiosité, je perds mes gonds et j´éructe. Je lui avoue, je me demande encore pourquoi, cette soirée entre hommes qui s’est finie sur un « big mac » (une tranche de thon saisie dessus dessous entre deux tranches de skaï et parsemée d’une grosse couche de fond de teint tiède). J’ai du toucher une corde sensible car elle consent enfin à jeter son regard sur moi, qui Dieu merci n’est pas de plomb. Oh joie ! Ma verve incontrôlée va à la chute contre la bonne pate! (*) C’est Verdun dans la chambre. Tout objet de la communauté maritale devient, entre ses mains devenues folles, un projectile mortel. Entre deux obus de biens sociaux, j’apprends que son mutisme était tout simplement destiné à réprimander mon absence blasphématoire de remarques sur le récent changement de sa coupe de cheveux. J’ai, semble-t-il, commis l’irréparable en n’observant pas que la raie de son crane avait changé de coté. Comment eut-il été possible que je m’en aperçusse ? Si je mettais un euro dans l’écureuil chaque fois que mon épouse se fait déplacer la raie, j aurais de quoi rembourser le découvert de Jérôme Kerviel qui, par ailleurs, marcherait en canard (l’écureuil).
Je vous passe les détails sordides de la journée qui s’ensuivit, entre métros ratés, patron et clients en colère et queues interminables entre la Porte Jarretelles et la Porte à Gauche. Une crise d’aquabonisme, pour citer Gainsbourg, m’envahit peu à peu après le troisième demi du midi. Dans ces moments là, j’envie les solitaires, qui savent se prendre en main quand tout devient dur.
Tiens, pour me remonter le moral, je vais me refaire un « big mac » en sortant du boulot. C’est de bonne guerre.
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1 commentaire:
Ca sent le vécu !... De mon côté aussi, remarque...
Mais j'ai p'têt trouvé la parade !
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