J'y pense et puis j’écris
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LND
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mardi 15 septembre 2009
[LND] [En bref] Orange, ô désespoir ! (auteur: Nicolas Delaye)
Jusqu’il y a peu, paraphrasant San Antonio, qui parlait des Hollandais, je disais n’avoir rien contre les polytechniciens, tout en me demandant bien à quoi ils servent. Je viens récemment de changer d’avis.
Rendez-vous compte qu’il a suffi aux dirigeants de France Telecom de sortir l’élite du bac (*) pour résoudre l’impossible équation de l’accroissement de la rentabilité financière de l’entreprise sans augmenter le nombre de chômeurs ? Pousser les employés au suicide (poil au bide), il fallait y penser ! Le projet Orange Mécanique aurait donc fonctionné ?
En tant qu’actionnaire vachement minoritaire (je ne possède aucune action et je ne paye pas d’impôts en France), je pose tout de même la question : le projet est-il vraiment rentable ? Prenons trois exemples.
Exemple 1 : Mercredi 9 Septembre, un technicien du centre d’intervention de Troyes tente de se poignarder en criant « Attention, ça va couper !» pendant la réunion de service durant laquelle il apprend que son poste est supprimé. L’entreprise doit débourser 112 euros de frais de pressing pour le costume du chef de service. Heureusement, ses collègues sont intervenus et s’y sont mis à trois.
Exemple 2: Vendredi 11 Septembre, une employée du service de recouvrement se défenestre en apprenant que son chef d’équipe n’est plus Raymond Domenech. Elle oublie d’ouvrir la fenêtre. Résultat : sept ans de malheur et un chihuahua aplati qui ne s’attendait pas à un tel tirlipimpon. Sans compter les géraniums qui trônaient là en attendant l’automne. Qui va payer les pots cassés ? Et les frais de recouvrement des petits bouts façon puzzle ? Et les 5 euros du café liégeois à peine entamé de la victime? Visiblement, chez France Telecom, y a du liégeois dans le ciel par-dessus les toits. Encore de l’agent jeté par les fenêtres !
Exemple 3 : Lundi 14 Septembre, un cadre travaillant dans une agence du service client absorbe des barbituriques pendant la pause déjeuner alors qu’il y avait de la langue de veau au menu. Sa mutation forcée lui serait restée sur l’estomac. Là encore, qui va payer les frais de lavage (ou de lavement, l’entreprise n’ayant pas encore révélé les dessous de l’affaire) ?
Conscients de tout cet argent gaspillé, nous avons posé la question de la rentabilité du projet à un cadre supérieur (ça veut dire qu’il est accroché plus haut que les autres sur le mur), une sorte de X-Mines-Pont-Centrale-Beaux Arts-ENA-Normale Sup-HEC-CAP coiffure qui vient d’obtenir un emploi jeune chez France Telecom. A moins de 10 ans de la retraite, Sigismond Subalterne, qui travaille à la DRH (direction des rescousses humaines) du groupe, nous a reçu durant sa pause déjeuner, vers 18h, pour parler du projet.
En bon énarque, Monsieur Subalterne a brillamment exposé son argument en trois points. Primo, le taux de suicide actuel chez les employés du groupe est d’environ 2.5 %, soit à peine plus que celui des restaurateurs siciliens et un peu moins que celui des talibanes adultères. Deuxio, les dirigeants sont à l’écoute des employés, mais les syndicats leur brouillent l’écoute (*) et il est assez regrettable que certains employés (environ 2.5%) ne se soient pas présentés aux réunions d’information. Tertio, la phase 2 du projet, la plus ambitieuse, aurait pour but d’inciter les employés à s’immoler en masse par le feu parce que, d’après la direction, le jeu en vaut la chandelle.
Malgré ses arguments brillants sur toute la ligne, Monsieur Subalterne n´a pas convaincu les petits épargnants, ni même les petits épargnés du groupe. A sa décharge, l’épidémie qui touche son entreprise est révélatrice de malaises plus profonds, originaires de Normandie, à savoir les malaises d’Etretat, et d’une certaine idée de la France. Je veux parler des cadres qui ne tournent pas rond, qui vous mettent la tête au carré quand vous osez prendre votre après-midi vers 22h pour vous occuper de vos familles convalescentes, de la France enfin championne du monde de quelque chose, c'est-à-dire de la présence futile, de la réunionite aigüe, de la perfection improductive, de la primauté des diplômes devant les compétences, du transfert des frustrations de mariages ratés du petit chef de service insignifiant vers ses employés en manque de soleil, bref, de la France qui gagne son pain par forfait.
Dirigeants du peuple de France, vous qui vous morfondez de la fuite des cerveaux sans vous soucier de celles des vôtres, je vous dirais ceci : je suis né a Toulx-Sainte-Croix dans la Creuse et suis exilé depuis plus de 10 ans en Australie. Certes, je suis maintenant loin de Toulx, mais j’y reste !
Rendez-vous compte qu’il a suffi aux dirigeants de France Telecom de sortir l’élite du bac (*) pour résoudre l’impossible équation de l’accroissement de la rentabilité financière de l’entreprise sans augmenter le nombre de chômeurs ? Pousser les employés au suicide (poil au bide), il fallait y penser ! Le projet Orange Mécanique aurait donc fonctionné ?
En tant qu’actionnaire vachement minoritaire (je ne possède aucune action et je ne paye pas d’impôts en France), je pose tout de même la question : le projet est-il vraiment rentable ? Prenons trois exemples.
Exemple 1 : Mercredi 9 Septembre, un technicien du centre d’intervention de Troyes tente de se poignarder en criant « Attention, ça va couper !» pendant la réunion de service durant laquelle il apprend que son poste est supprimé. L’entreprise doit débourser 112 euros de frais de pressing pour le costume du chef de service. Heureusement, ses collègues sont intervenus et s’y sont mis à trois.
Exemple 2: Vendredi 11 Septembre, une employée du service de recouvrement se défenestre en apprenant que son chef d’équipe n’est plus Raymond Domenech. Elle oublie d’ouvrir la fenêtre. Résultat : sept ans de malheur et un chihuahua aplati qui ne s’attendait pas à un tel tirlipimpon. Sans compter les géraniums qui trônaient là en attendant l’automne. Qui va payer les pots cassés ? Et les frais de recouvrement des petits bouts façon puzzle ? Et les 5 euros du café liégeois à peine entamé de la victime? Visiblement, chez France Telecom, y a du liégeois dans le ciel par-dessus les toits. Encore de l’agent jeté par les fenêtres !
Exemple 3 : Lundi 14 Septembre, un cadre travaillant dans une agence du service client absorbe des barbituriques pendant la pause déjeuner alors qu’il y avait de la langue de veau au menu. Sa mutation forcée lui serait restée sur l’estomac. Là encore, qui va payer les frais de lavage (ou de lavement, l’entreprise n’ayant pas encore révélé les dessous de l’affaire) ?
Conscients de tout cet argent gaspillé, nous avons posé la question de la rentabilité du projet à un cadre supérieur (ça veut dire qu’il est accroché plus haut que les autres sur le mur), une sorte de X-Mines-Pont-Centrale-Beaux Arts-ENA-Normale Sup-HEC-CAP coiffure qui vient d’obtenir un emploi jeune chez France Telecom. A moins de 10 ans de la retraite, Sigismond Subalterne, qui travaille à la DRH (direction des rescousses humaines) du groupe, nous a reçu durant sa pause déjeuner, vers 18h, pour parler du projet.
En bon énarque, Monsieur Subalterne a brillamment exposé son argument en trois points. Primo, le taux de suicide actuel chez les employés du groupe est d’environ 2.5 %, soit à peine plus que celui des restaurateurs siciliens et un peu moins que celui des talibanes adultères. Deuxio, les dirigeants sont à l’écoute des employés, mais les syndicats leur brouillent l’écoute (*) et il est assez regrettable que certains employés (environ 2.5%) ne se soient pas présentés aux réunions d’information. Tertio, la phase 2 du projet, la plus ambitieuse, aurait pour but d’inciter les employés à s’immoler en masse par le feu parce que, d’après la direction, le jeu en vaut la chandelle.
Malgré ses arguments brillants sur toute la ligne, Monsieur Subalterne n´a pas convaincu les petits épargnants, ni même les petits épargnés du groupe. A sa décharge, l’épidémie qui touche son entreprise est révélatrice de malaises plus profonds, originaires de Normandie, à savoir les malaises d’Etretat, et d’une certaine idée de la France. Je veux parler des cadres qui ne tournent pas rond, qui vous mettent la tête au carré quand vous osez prendre votre après-midi vers 22h pour vous occuper de vos familles convalescentes, de la France enfin championne du monde de quelque chose, c'est-à-dire de la présence futile, de la réunionite aigüe, de la perfection improductive, de la primauté des diplômes devant les compétences, du transfert des frustrations de mariages ratés du petit chef de service insignifiant vers ses employés en manque de soleil, bref, de la France qui gagne son pain par forfait.
Dirigeants du peuple de France, vous qui vous morfondez de la fuite des cerveaux sans vous soucier de celles des vôtres, je vous dirais ceci : je suis né a Toulx-Sainte-Croix dans la Creuse et suis exilé depuis plus de 10 ans en Australie. Certes, je suis maintenant loin de Toulx, mais j’y reste !
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